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The Lake (Le lac), By Alphonse de Lamartine

Discussion in 'Jukwaa la Lugha' started by Roulette, Nov 7, 2011.

  1. Roulette

    Roulette JF-Expert Member

    #1
    Nov 7, 2011
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    Trophy Points: 0
    This is one of the poems that made me love and understand poetry... I hope you like it...

    The Lake
    By Alphonse de Lamartine
    Translated by A.Z. Foreman

    [SUP]In 1816, at Aix-les Bains near Lake Bourget, Lamartine made the acquaintance of one Julie Charles. The following year, he came back to the lake, expecting to meet her there again. But he waited in vain, and initially thought she had stood him up. A month later he learned that she had taken ill and died. The "she" in this semi-autobiographical poem refers to Julie. The "voice I adore" which speaks the lines of stanzas 6-9 is also meant to be understood as Julie's voice. [/SUP]

    Thus driven forth forever to new shores,
    Born toward Eternal Night and never away,
    Sailing the Sea of Ages, can we not
    Drop anchor for one day?

    O Lake! The year has scarcely spun its course.
    Now, by the waves she meant to see again,
    Watch how I sit, alone, upon this stone
    On which you saw her then.

    You lowed as now below those plunging cliffs.
    As now, you broke about their riven flanks.
    As now, the wind flung your foam forth to wash
    Her feet which graced your banks.

    One evening we two roamed -remember?- in silence:
    On waves and under heaven, far and wide,
    No sound came save the cadence of the oarsmen
    Stroking your tuneful tide.

    Then sudden tones, unfathomed on this earth,
    Resounded round the echoing, spellbound shore.
    The tide turned heedful; and I heard these words
    From the voice I adore:

    Suspend your trek O Time! Suspend your flights
    O favoring hours, and stay!
    Let us pause, savoring the quick delights
    That fill the dearest day.

    Unhappy crowds cry out to you in prayers.
    Flow, Time, and set them free.
    Run through their days and through their ravening cares!
    But leave the happy be.

    In vain I ask for hours to linger on
    And Time slips into flight.
    I tell this night: "Be slower!" and the dawn
    Undoes the raveled night.

    Let's love, then! Love, and feel while feel we can
    The moment on its run.
    There is no shore of Time, no port of Man.
    It flows, and we go on.

    Covetous Time! Our mighty drunken moments
    When love pours forth huge floods of happiness;
    Can it be that they fly from us no faster
    Than days of wretchedness?

    Why can't we keep some trace of them, at least?
    Why lost forever? Why beyond recall?
    Will Time that gave them, Time that now destroys them
    Not bring them back at all?

    Eternity, naught, past, dark gulfs: what do
    You do with days of ours which you devour?
    Speak! Will you not bring back those sublime things?
    Return the raptured hour?

    O Lake! Caves! Speechless ledges! Gloaming glades!
    You whom Time shields or can bring back to light,
    Beautiful Nature, keep the memory-
    The memory of that night:

    Memory in your stillness and your storms,
    Fair Lake, in your cavorting sloping sides,
    In the black firtrees, in the savage rocks
    Rising above your tides;

    Memory in the breathings of the zephyr,
    In shore whose sounds resound to shore each night,
    And in the silver visage of the star
    Touching you with soft light.

    Let the bewailing winds and sighing reeds,
    Let the light balm you blow through cliff and grove,
    Let all that man can hear, behold or breathe
    All say: "They were in love."

    The Original:

    Le Lac
    Alphonse de Lamartine

    [SUP]En 1816, à Aix-les-Bains, près du lac du Bourget, Lamartine fit la connaissance de Julie Charles. L’année suivante il revint au paysage qui avait été témoin de leur bonheur, mais seul, cette fois, contre son attente. Il pensa d'abord qu'elle lui avait posé un lapin, mais apprit un mois plus tard qu'elle était tombée malade et puis mourut. Le pronom féminin dans ce poème partiellement autobiographique fait référence à ladite Julie. D'ailleurs, la "voix qui m'est chère" est celle de Julie, interlocutrice des strophes 6-9.[/SUP]

    Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages,
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
    Jeter l'ancre un seul jour?

    O lac! l'année à peine a fini sa carrière,
    Et près des flots chéris qu'elle devait revoir
    Regarde! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
    Où tu la vis s'asseoir!

    Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes;
    Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés:
    Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
    Sur ses pieds adorés.

    Un soir, t'en souvient-il? nous voguions en silence;
    On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
    Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
    Tes flots harmonieux.

    Tout à coup des accents inconnus à la terre
    Du rivage charmé frappèrent les échos;
    Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
    Laissa tomber ces mots:

    "O temps, suspends ton vol! et vous, heures propices,
    Suspendez votre cours!
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours!

    "Assez de malheureux ici-bas vous implorent:
    Coulez, coulez pour eux;
    Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent;
    Oubliez les heureux."

    Mais je demande en vain quelques moments encore,
    Le temps m'échappe et fuit;
    je dis à cette nuit: "Sois plus lente"; et l'aurore
    Va dissiper la nuit.

    Aimons donc, aimons donc! de l'heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons!
    L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive;
    Il coule, et nous passons!

    Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
    Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
    S'envolent loin de nous de la même vitesse
    Que les jours de malheur?

    Hé quoi! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace?
    Quoi! passés pour jamais? quoi! tout entiers perdus?
    Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
    Ne nous les rendra plus?

    Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
    Que faites-vous des jours que vous engloutissez?
    Parlez: nous rendrez-vous ces extases sublimes
    Que vous nous ravissez?

    O lac! rochers muets! grottes! forêt obscure!
    Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
    Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
    Au moins le souvenir!

    Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
    Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
    Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
    Qui pendent sur tes eaux!

    Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
    Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
    Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
    De ses molles clartés!

    Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
    Que les parfums légers de ton air embaumé,
    Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
    Tout dise: "Ils ont aimé!"
     
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